A dessein-Le dessin

15 Mars
»
19 Avril
François BOUILLON
Claudie FLOUTIER
Jean-Marc THOMMEN

A dessein-le dessin, c’est trois expositions en une, rassemblant trois artistes pour lesquels le dessin est au cœur du travail, tout en ayant des outils, une fonction et des modalités d’exercices extrêmement variés.

 

François Bouillon

Né en 1944, vit et travaille à Bagnolet

Artiste autodidacte, François Bouillon développe depuis le début des années 1970, un travail protéiforme complexe. Il utilise des matériaux d’origine naturelle (terre, pierre, feu) ou organique (plume, os) joue des dénombrements, des contradictions. S’inspirant ou réutilisant des objets auxquels il confère une sorte de vertu magique, François Bouillon investit des territoires obscurs. Chaque œuvre s’ajoutant aux précédentes comme dans un puzzle, une narration semble prendre forme, fragile, et souvent pleine d’humour.

« Mon travail cherche à créer des équivalences entre des gestes communs, des cultures rurales, des émotions physiques, des formes marquées par des archétypes culturels. »

Nombre d’œuvres sur papier de François Bouillon sont composées à partir de sept modules de base. Chacune de ses séries naît d’une histoire, d’une fiction ou d’un petit jeu rituel, qui peut relever du jeu de mots comme « inouï-inuit.»

Caractérisée par une grande économie de moyens, son œuvre dessinée se décline dans des gammes de noirs et d’ocres en y associant d’autres couleurs qui peuvent parfois être porteuses d’une charge symbolique. Il y associe différents matériaux d’origine naturelle, tels que la terre, la pierre, le feu ou organique, ainsi que les plumes et les os, peut-être liés au milieu rural de son enfance.

La main et la couleur engendrent des ensembles qui campent entre figure ou forme et qui ont un aspect archétypal. Il y a chez lui une attention à ce que la moindre forme ou association peut receler de puissance signifiante et la même volonté de retrouver la puissance expressive dans des ensembles quasi élémentaires. Cela le place dans une position de proximité et d’empathie à l’égard de cultures autres que notre civilisation occidentale. Sa passion pour les cultures inuit ou africaines en témoigne. Loin du spectaculaire son dessin est nourri par la volonté à la fois ambitieuse et modeste d’ouvrir au sens et au symbolique la moindre des formes et la plus infime des choses.

Dans l’exposition, il présente, entre autres, certaines peintures sur papier récentes qui avaient comme point de départ sept taches de couleur rouge. Un livre de l’artiste sera édité dans la suite de l’exposition.

Il a été exposé dans de très nombreux musées, centres d’art et galeries en Europe : Suède, Danemark, Allemagne ainsi qu'aux Usa et Canada. En France, il a eu d’importantes expositions personnelles au Centre Georges Pompidou, au Centre d’art de Vassivière, au 19, Crac. Parmi les galeries qui l’ont exposé il faut citer : La galerie de France, la galerie Bernard Jordan à Paris et la galerie Iffrig à Strasbourg.

Il est représenté dans de nombreuses collections publiques : Frac Ile-de-France, Alsace, Limousin, Bourgogne, Rhône-Alpe, Champagne Ardenne, Picardie et Bretagne, Musée national d’art moderne, Fonds national d’art contemporain à Paris.

 

Claudie Floutier alias Trobeïrice

Née en 1948 dans le Gard, vit et travaille à Besançon

 

« Trobeïrice naît dans les années 1980 de l’imagination de Claudie Floutier.

Trobeïrice n’a pas d’âge.

Cette délurée emprunte des chemins détournés pour, sous diverses formes plastiques raconter un monde tiraillé, parcouru de tragiques et diverses comédies (parfois très sentimentales...)

Mots de chambre.

Air de Bizet.

Ton de «Temps des cerises.»

Chair à canon, bec de coq, pied de poules et autres âneries.

Pliés-Plissés...

Dernier en date, les pliés plissés, nés d’une édition mise en boite par la «Maison chauffante» en 2013.

Trobeïrice fait son cinéma.

Cette excentrique, inconnue du milieu de l’art fait parfois des incursions dans les hôpitaux, les centres dits de longs séjours, les bibliothèques. Voire même des galeries ou des centres d’art.. pour retrouver avec les autres l’ardeur de vivre.

Les pliés-plissés de Trobeïrice continuent les Luciéoles.

Avant les Lucies il y eut les Mille et une Rosetta et avant les milles et une Rosetta,

il y eut les Oiseaux et avant les Oiseaux il y eut...

A perpète, à perpète...» Claudie Foutier

 

À son propos, Jean-Michel Jagot écrit « Trobeïrice, mi-sainte, mi-démone : ronde, élancée, rabougrie, courbe, raide, filiforme, évasée, explosive, ratatinée, souriante, serpentine, grimaçante, inquiétante, joyeuse, sérieuse, simple, colorée, Pliée, Plissée. Méta-formes en métaphore de l’être en devenir ou multiple et multiculturelle. D’ailleurs l’artiste entend la couleur comme elle respire, parle, philosophe, gesticule, s’anime. C’est son côté Gnawas. »

Pour l’exposition, elle présente un important ensemble de pliés-plissés.

Après des études aux Beaux-Arts de Montpellier, elle a commencé une activité d’artiste protéiforme associant dessin, écriture, performances. Tout en étant enseignante en école d’art jusqu’en 2013. Sur sa route, elle a croisé les regards attentifs de Jeanne Gatard et Egidio Alvaro à Paris et Lisbonne, Michel Meyer à Metz, Elisabeth Briqueleur, Michel Giroud, Véronique Dietrich et Jean-Michel Jagot à Besançon, Philippe Cyroulnik à Montbéliard.

Ils furent à l’origine de sa participation à des événements à Lisbonne et Metz, aux nombreuses séquences de l’art à l’hôpital, à des expositions au 19, Crac en 2008, aux bibliothèques Municipales et Gramont, ou encore à la galerie Artyevents /ronchauxRoom Besançon, en 2013.

 

 

Jean-Marc Thommen

Né en 1965, il travaille à Montreuil

Jean-Marc Thommen associe dessin et peinture sans en passer par la représentation mais en travaillant ce que le dessin peut apporter à la peinture. Cette relation se place dans un champ qui exclut l’orthogonalité et la géométrie construite issue du néo plasticisme et se tient en partie à distance du réductionnisme puritain pratiqué par les minimalistes. Il n’y a pas de dessin pré-établi chez lui. Il s’agit bien plus pour lui d’éprouver ce que permet dans l’espace sensible et dans le champ visuel le fait de définir un programme de travail qui accorderait au temps du geste une place essentielle dans la gestation de l’œuvre. Son « dessein » consiste précisément à se donner les conditions de l’improvisation. Au fil du trait, il cherche dans les plis et les déliés de l’écriture graphique ce qui peut prendre forme dans l’élan donné à la ligne, le rythme qui en ourle les courbes et les scansions que le mouvement du trait va connaître.

Pour l’exposition, il présentera trois grandes peintures sur toile et quelques petites peintures sur bois. Un catalogue monographique va être co-édité par Le 19,Crac et Le Vog.

En ce qui concerne ses expositions personnelles l’année 2013 va être importante puisqu’il exposera au Centre d’art Le Vog à Fontaine (Grenoble), au Safran/Carré Noir à Amiens ainsi qu’en Corée du Sud dans deux exposition importantes à Séoul et Cheongju. Il a exposé au Pavillon à Pantin, à l’Atelier Blanc à Villefrance de Rouergues à L’hôtel Élysée Mermoz, La galerie MGE, la galerie Brun Léglise à Paris en Allemagne et en Suisse.