CHRONIQUES URBAINES

29 Novembre
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13 Janvier
Jakob GAUTEL
Fabrice LAUTERJUNG
Laurent PERNEL
Bertrand SAUGIER & Christophe VAUBOURG

Chroniques Urbaines rassemble 4 artistes, Jakob GAUTEL, Fabrice LAUTERJUNG, Laurent PERNEL et Bertrand SAUGIER que le 19 a invité en 2009 pour des résidences artistiques qui se dérouleront au sein de six quratiers dans différentes commune du Pays de Montbéliard. Ces résidences ont été initiées en accompagnement du Programme National de Rénovation Urbaine. Cette exposition est l'occasion de montrer les façons singulières, originales et surprenantes avec lesquelles ces artistes intègrent des notions qui se rattachent à la ville. L'architecture, l'urbanisme, les "rapports sociaux" sont des éléments sur lesquels ils s'appuient tout en s'inscrivant dans la continuité d'une tradition qui revendique un rôle spécifique et nécessaire de l'artiste dans la cité. 

Depuis quelques années, de nombreuses villes proposent leurs murs et avenues comme "théâtre d'opérations" à différents événement et festivals culturels. Cette prolifération des "arts de la rue" sont l'occasion d'installations et performances qui touchent tout domaines artistiques. Une frontière qui semblerait déterminante entre spectacle vivant et arts plastiques s'efface souvent dans l'espace public pour permettre des croisements de formes artistiques. Le propos semble commun, en prenant comme base le concept d'interaction avec le public. Les installations et performances apportent des expériences sensorielles de l'environnement urbain et un regard décalé et poétique sur nos espaces et modes de vie.

Certains prédisent une prolifération éclatée de modes de vie expérimentaux, d'expériences communautaires à l'échelle locale se basant sur les résaux globaux via les nouvelles technologies. Ces expériences se multiplient, influencées par le modèle d'actions des mouvements contestataires des années 60 et 70. Ces interventions ponctuelles, qui se veulent incontrôlables, peuvent prendre forme d'une manière ludique avec des flash mobs (performance éclair d'une communauté d'internautes) ou servir de vrai moyen de lutte sociale échappant à un système de pouvoir global. Les TAZ, Zones d'Autonomies Temporaires, conceptualisent cette investigation sauvage des espaces collectifs, qu'ils soient virtuels, via internet, ou urbains.

Les interventions artistiques dans l'espace public semblent parfois noyées dans un système répandu d'actions publiques. Ce qui n'empêche que ce modèle de création artistique hier alternatif, hors des circuits culturels, est aujourd'hui programmé par toute institution culturelle. L'activisme culturel fascine mais la structure culturelle joue souvent un rôle de laboratoire symbolique où le politique et le social sont des champs très prisés mais où la mise en pratique est secondaire. Comme le rappelle Flora LAYAU en parlant du collectif Gran Fury, la plupart des institutions artistiques attendent le plus souvent de l'artiste d'avantage "du discours et de la figure de style que de l'action" et une vraie implication à long terme. Le pouvoir politique s'est emparé aussi de ce modèle, qui concrétise le projet culturel d'une ville et peut servir de vecteur de médiation socioculturelle.