Didier DEMOZAY / Christine O'LOUGHLIN

24 Mai
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31 Août
Didier DEMOZAY
Christine O'LOUGHLIN

Didier Demozay s'est engagé dans la pratique de la peinture depuis plus de 20 ans. Bien qu'ayant déjà été remarqué et soutenu successivement par la galerie Stalder puis par la galerie Jean Fournier à Paris où il expose régulièrement, son oeuvre a encore à ce jour une présence trop discrète sur la scène artistique française. Souhaitant pouvoir donner toute sa place à une oeuvre qui privilégie dans son développement le geste de la couleur, le 19 a choisi de lui consacrer une exposition personnelle, la première pour l'artiste dans une institution publique. Cette exposition regroupe un ensemble très conséquent de peintures récentes (2003-2004).

La démarche de Didier Demozay est fondée sur une expérience sans cesse renouvelée de la couleur comme matière , comme matériau à peindre. "Peindre la couleur", comme il le dit lui-même, explorer les infinies possibilités de la peinture en considérant l'espace du tableau comme un lieu de tensions, mettre en place des figures qui habitent la toile en générant entre elles des forces d'attractions ou de répulsions. Apprêtée avec une légère couche de blanc, la toile constitue les fondations de cette architecture de plans colorés, tantôt flottant, tantôt condensée en une masse imposante, toujours liés les uns aux autres. La force d'une peinture dépend selon lui de la cohérence et de l'équilibre  des différents éléments qui la constituent. Il faut parvenir à contenir la tension entre les deux ou trois figures mises en scène, à confronter la couleur, l'espace et le fond et enfin à établir un rapport figure-couleur qui surgisse de la surface picturale.

Extrait d'entretien : Célia Charvet / Christine O'Loughlin

C.C. " Vos premières expositions personnelles ont eu lieu au Japon. Votre travail était-il à ce moment là (en 1970) lié à l'environnement? Ces premières expériences ont elles orienté votre démarche?"      

C.O. "A la fin de mes études de littérature et de philosophie en Australie, j'ai eu la chance de recevoir une bourse pour étudier les Beaux-Arts à Kyoto au Japon. Ce fut un séjour très formateur pour moi car il m'a permis de clarifier et d'organiser mes sensations et mes pensées. Il existe de nombreuses traces de ces débuts dans mon travail, mais la plus évidente est probablement mon insistance sur la ligne d'horizon. Cela provient, je pense, du paysage australien qui m'a imprégnée dès mon enfance : le sentiment d'être confrontée à un horizon vaste et ininterrompu, immense. Ces caractéristiques furent précisées au Japon où la ligne de surface prend une grande importance philosophique car elle est la zone de rencontre entre le dessus et de dessous, le passage d'un état à un autre."