Dissonances

2 Décembre
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28 Janvier
Dominique ANGEL
Rosana FUERTES
Jean-René HISSARD
Bernard LALLEMAND
Richard MÜLLER
Antoinette OHANNESSIAN
Jorge RODRIGUEZ-AGUILAR
José Angel TOIRAC
Gilles Traquini

Chacune des oeuvres présentées dans l'exposition associe elle-même des éléments, objets ou images, qui n'ont pas l'habitude de cohabiter. De ces rapprochements incongrus, naissent des troubles, des chocs, des contradictions qui annoncent inévitablement un décalage : décalage entre le discours et la réalité, entre le monde tel qu'il est et ses représentations. Orchestrées par neuf artistes, ces dissonnances soulèvent des problémes d'ordre politique, social, culturel ou historique tels que la violence, l'héroïsme dans la guerre ou le pouvoir des médias; elles portent également des questions plus intimes liées au corps, à la relation à l'autre et à soi-même, aux mutations que peuvent engendrer les découvertes scientifiques récentes comme par exemple dans le domaine de la biogénétique. Enfin elles interrogent les relations entre culture populaire et culture d'élite, entre paysage et espace social et entre kitsch et formalisme.

Omniprésente, la question de l'image, de son utilisation massive et abusive, de son formidable pouvoir de manipulation, sert de toile de fond aux oeuvres, non seulement dans une perspective contestataire, mais également comme un simple fait. En produisant des images et des objets, l'artiste lui-même participe à cette opération de falsification ou en tout cas de lecture et de représentation du réel. Dissonances qui visent donc aussi le monde de l'art et tout particulièrement des relations complexes et paradoxales entre l'art d'avant-garde et l'art populaire, entre l'original et le poncif. Dissonances enfin dans le rassemblement de ses oeuvres qui nous font éprouver et appréhender  le monde de l'art de manière décalée, paradoxale, voire insolente. La multiplicité des supports (peinture, sculpture, affiche, installation) traduit la diversité des armes employées par les artistes: qu'ils manient l'ironie, l'auto-dérision, la tautologie ou qu'ils adoptent la mise en scène et le spectacle, ils parviennent à rendre fécond le contact entre des présences antagonistes. L'exposition se ne contente donc pas de rendre manifeste ces écarts, de les rendre visibles, mais à travers cette confrontation des oeuvres au public et leur mise en regard réciproque, elle propose de nouveaux champs de significations.