Errance

20 Mars
»
7 Mai
Stephen Wilks

Une résidence de l’artiste Stephen Wilks au Lycée Cuvier

Le 19 et le Lycée Cuvier ont invité l’Artiste plasticien Stephen Wilks http://www.stephenwilks.net/ en résidence dans l’établissement pendant l’année scolaire 2011/2012. Une équipe pédagogique de professeurs du lycée ont développé un projet mêlant arts plastiques, danse et philosophie autour du thème de l’errance. C’est dans ce contexte que l’univers de cet artiste travaillant à Berlin.

Ce plasticien anglais a développé une œuvre protéiforme navigant entre dessin, sculpture et performance. Il a imaginé un bestiaire qui au fil des multiples représentations lui sert de vecteur poétique,  métaphores récurrentes rejouant une vision parodique et cynique de nos sociétés modernes. Ce n’est pas que l’illustration d’une organisation humaine qu’il met en œuvre mais aussi la multiplicité des réseaux sur lesquels elle prend forme. Il s’intéresse aux mécanismes, aux connexions aux transferts historiques et géographiques. Ainsi, la plupart de ces sculptures, âne, cochon ou chenille,  sont à l’origine d’une expérience partagée, une performance collective qui mènera l’une d’un pays à l’autre, accueilli au sein de foyers Japonais, coréen, espagnol ou brésilien (voir projet  http://www.trojandonkey.net/ ) pour une histoire qui échappe en partie à l’artiste. L’autre, comme la Chenille se verra tatouer d’un lieu d’exposition à l’autre de références littéraires internationales évoquant la notion de métamorphose. Enfin, dans une référence amusée à La Ferme des animaux de George orwell il organise avec malice des processions, grandes manifestions publiques où ses sculptures animalières anoblis sont portées et mystifiés par l’homme. Le commun des mortels avec insouciance porte dans les rires et la bonne humeur un cochon sur son trône…

La Chenille : histoire d’une métamorphose

Exposition du 20 mars au 7 mai 2012, ouvert à tous

En partenariat avec le Frac Franche-Comté

A l’occasion de la résidence de Stephen Wilks et dans le cadre du projet Errance, une œuvre de Stephen Wilks, est exposée depuis le 20 mars 2012 dans la Salle Polyvalente du Lycée Cuvier aux côtés d’une sélection d’œuvres du Frac Franche-Comté.

Il s’agit d’une sculpture en tissu suspendue de 10 m de long représentant une Chenille. Cette œuvre a été exposée dans différents pays et plus récemment à la Kunstalle de Mulhouse.

 

CATERPILLAR, 2010, Animal en tissu, recouvert d’extraits de textes.

Symbole de la métamorphose et du devenir, la chenille intervient dans le travail de Stephen Wilks comme le support à une réflexion sur la capacité d’évolution d’un être humain. Si la vieillesse est un thème qui revient de plus en plus fréquemment dans son œuvre, ce n’est pas seulement à travers son caractère inévitable et fascinant mais aussi dans ce qu’elle implique en termes de changement. Grandir, c’est vieillir. Vieillir est une mutation lente et permanente de notre nature physique, morale ou intellectuelle. Vieillir est notre quotidien, perceptiblement ou non.

La sculpture est gigantesque, lourde et imposante, la chenille dégage une image positive, poétique, évanescente, elle tente d’échapper à la fatalité de l’être.

La chenille est le support matériel à des textes que Stephen Wilks est allé puiser du côté des auteurs qui se sont intéressés à la question de la métamorphose. Lewis Caroll côtoie Goethe, Lou Reed et Franz Kafka.

De cette allégorie, Stephen Wilks a également tiré une nouvelle série de dessins qui interviennent comme le miroir de ces écrits. La chenille reprend dans ce cas le rôle qu’il donne d’évidence à ses animaux, elle s’infiltre dans les détails de la vie et en révèle la fragilité.

Extrait du dossier de presse de Foules, Fools, Kunstalle Centre d’art contemporain de Mulhouse, 2010

 

Projet Graphique : topographie d’un organisme vivant…

Projet d’intervention avec les élèves de l’option arts plastiques

Stephen Wilks qui développe depuis longtemps le dessin a proposé aux élèves d’arts plastiques une intervention graphique qui prenne en compte l’espace urbain environnant le lycée. Un travail d’inventaire, des échanges régulier entre l’artiste et les élèves, un suivi en cours avec le professeur d’arts plastiques permettent de préparer à la réalisation d’une œuvre participative in situ dans l’établissement entre le 4 et le 13 avril.

« Mon idée du base pour le travaille graphique se trouve dans les relations entre  les lignes : la traversé d’une ville et le ligne graphique. Je voudrais considérer la ville comme un organisme vivant, les rues comme des artères… Identifier les espaces verts, les rue commerçantes ...bien sur la circulation dans la ville ...les trajets personnalisés des élèves dans ce labyrinthe....Il faut repérer les signalétiques, répertorier le mobilier urbain dans la ville et les endroits/signes marquants pour les élèves....lignes du bus ,train etc ...peut être commencer à penser des trajectoires à partir de plans de la ville..... Les lignes dans la ville ne sont pas forcement visible ! Pourquoi pas penser a des lignes de traversées d’animaux dans un ville (oiseaux migrateurs, concentrations de pigeons, chats…). Ils faut concevoir des lignes /traversées fictives ou émotionnelles. On peut penser a une démarche citadine de richard long par hasard. »

Procession et sacrifice / Performance collective à travers la ville de Montbéliard

Comme Stephen Wilks l’a proposé dans différentes villes en Europe, une procession à travers la ville de Montbéliard aura lieu le vendredi 13 avril. Dans un esprit carnavalesque, une centaine d’élèves, de professeurs, de parents d’élèves et d’habitants de Montbéliard porteront des sculptures de l’artiste à l’effigie d’animaux de la ferme. Un groupe d’élèves de l’option danse prépare déjà avec leur professeur une chorégraphie autour du portage qui sera jouer en introduction de la manifestation. La procession partira du Lycée Cuvier pour se rendre jusqu’au parking de la Capitainerie (ancien parking du E. Leclercs).  Pour clôturer cette action l’artiste a décidé de « sacrifier » son bestiaire de sculptures. Dans une cérémonie burlesque les participant mettront les animaux au bûcher avant que l’artiste récupère les cendres de ses œuvres défuntes…

Programme de la journée :

16h30 / RDV dans la cours centrale du Lycée Cuvier

Œuvre chorégraphique des élèves avec les sculptures de Stephen Wilks dans l’enceinte de l’établissement

17h30 / départ de la procession du Lycée Cuvier avec les élèves et les accompagnateurs. Toutes les personnes volontaires pourront rejoindre le cortège à partir du parking de la Gare pour la suite de la performance.

18h30 / Mise au bucher du premier animal sur le Parking de La Capitainerie.

Un pot sera proposé aux participants autour du feu de joie

Tout au long de la soirée, avec la tombée de la nuit, les animaux seront brûlés et les cendres se mêleront aux étoiles et aux lucioles de Pasolini.

 

L’Atelier

Le Lycée Cuvier a mis à disposition un espace de travail au sein de l’établissement spécifiquement pour le projet Errance. Cet ancien dortoir sert d’atelier pour l’artiste mais reste ouvert tout au long du projet aux élèves et aux professeurs impliqués dans le projet. Les régisseurs du Centre d’art interviennent régulièrement dans la préparation des différentes actions artistiques en cours.

 

Résidence de l’artiste Sylvain Groud

Sylvain Groud, danseur chorégraphe, est artiste associé à la scène nationale du Pays de Montbéliard. Durant trois ans, il sera très présent sur l’agglomération montbéliardaise et mènera, parallèlement à la création de ses spectacles, plusieurs actions en direction de publics divers. Pour cette première année à MA Scène Nationale, il travaillera notamment avec des élèves des lycées Cuvier et des Huisselets à Montbéliard. Le 4 octobre, sa pièce Bataille intime, interprétée en duo avec le comédien Bruno Bayeux, fut l’occasion d’une première rencontre entre les artistes et les élèves.

 La veille de la procession, La restitution de l’aventure partagée avec les artistes et les internes prendra la forme d’une soirée cinéma avec la projection du film Entrent les murs de Clémend Révérend, suivie d’un débat avec les acteurs du projet au Théâtre de Montbéliard.