Jorge Macchi /Spectrum

14 Mars
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10 Mai
Jorge Macchi

Personnalité majeure de la scène internationale de l’art contemporain Jorge Macchi développe depuis plus de 25 ans une œuvre ouverte à la fois rigoureuse et poétique.

Elle associe des éléments à caractère formel avec des logiques propres à des haïkus visuels. Elle se situe à la croisée de problématiques associant des images relevant de la condensation ou du précipité du réel, des jeux d’ombres et de lumières, des dynamiques séquentielles et des effets de répétition qui viennent suspendre ou inverser les effets perceptifs ou signifiants. Elle joue d’émergence et de dissolution du récit dans des situations en deçà ou au delà du narratif.

Il y a chez lui un art d’inverser les perceptions qui vient troubler la vision convenue que l’on a du réel. Ces modifications de l’espace le font entrer dans le domaine de la fiction tant dans sa dimension illusionniste que dans ce qu’il implique d’un entre-deux entre rêve et réalité. Jorge Macchi corrode notre présent par l’intrusion dans le présent d’éléments du passé ou d’un futur fictif qui vont jusqu’à nous faire perdre les critères liés à la linéarité chronologique à laquelle nous sommes habitués. Les œuvres de Macchi ont souvent pour effet de produire un suspens qui déstabilise l’identité des choses, rend l’image incertaine et inquiétante. Il fait du monde un théâtre du doute et de la mélancolie. Le crime n’est pas loin des scènes qu’il donne à voir mais l’histoire s’est absentée. On est avant ou après le récit. C’est ce qui explique aussi l’usage qu’il fait de fragments d’images ou de films avec lesquels il pratique des collages visuels ou encore qu’il transforme par altération, séparation ou déconnexion entre le texte et les images, le son et les dialogues. Les images, le réel, l’environnement urbain, les signes de la société de consommation ou l’histoire de l’art sont comme des matériaux qu’il agence, associe ou confronte dans des effets de collision ou de déplacement qui jettent un doute sur l’identité des êtres, des situations et des objets.

Son œuvre touche autant au dessin, à la peinture et à la sculpture qu’à l’installation, au son ou à la vidéo. Le 19, Crac qui l’avait exposé une première fois en 2001 lui consacre ici la première exposition d’importance en France. Son œuvre se caractérise par un art de rendre énigmatiques et paradoxaux les choses, les images et les mots les plus banals ou anonymes.

Spectrum renvoie à la nature de l’exposition qui couvre un ensemble de production de l’artiste depuis plus de vingt ans. Mais il évoque aussi une constante dans l’œuvre de Jorge Macchi : la tendance qu’a le réel à s’y défaire, au caractère à la fois indiciel et fictif des signes qui la peuplent et au fait que chez lui l’ombre est comme le spectre de la forme, le signe de sa dissolution. Comme les spectres peuvent évoquer une réalité et des êtres disparus, son travail joue constamment sur une logique de la perte de consistance des choses, d’inversion de leurs qualités. Ses œuvres tendent à rendre équivoques leurs existences et leurs caractéristiques : entre le tangible et le diaphane, la pesanteur et l’immatériel, le réel et le fictif.

Spectrum sera la première exposition à caractère rétrospectif de Jorge Macchi produite en France. Elle proposera au public français un ensemble d’œuvres majeures de l’artiste (vidéos, peintures, installations sculptures, œuvres sur papier). Ce choix couvre près de vingt années de travail puisqu’il va des œuvres conçues en 1992 (La flecha del Zenon) jusqu’aux peintures de la série Memoria externa (2013-2014) jamais montrées en France et en Europe.

D’importantes œuvres vidéos récentes comme Here from Eternity ou Second côtoieront d’autres plus anciennes comme Victima Serial ou Diaro Intimo, Streamline, Super 8 ou La flecha del Zenon.

Devraient être présentées quatre sculptures/installations de référence de l’artiste, Refraccion, Illuminacion, Pendulum et Bed and breakfast ; ainsi que deux œuvres relevant de l’installation murale, Hôtel et Horizon. Des dessins et collages comme Liliput, Shy, Te amo, un relief de 2001, Publicidades ainsi qu’un ensemble d’aquarelles des années 1990-2000 compléteront l’exposition.

 

Spectrum fait suite, avec un parti pris autre, aux récentes rétrospectives de l’artiste en Europe, Music stand still au SMAK de Gand (2011), et Container au Kunstmuseum de Lucerne (2013).

Exposition organisée avec le concours des galeries Peter Kilchmann (Zurich), Continua (San Gimignano/Beijing/Les Moulins), Ruth Benzacar (Buenos Aires) et Alexander and Bonin (New York).

 

 

Jorge Macchi est né en 1963 à Buenos Aires où il vit et travaille. C’est dans cette ville à la galerie Alberto Elia qu’il eut sa première exposition personnelle en 1989.

 

Parmi les très importantes manifestations internationales auxquelles il a été invité, on peut noter les biennales de Sydney (2012), Liverpool (2012), Lyon (2011), Istanbul (2011 et 2003), Venise (2005), Prague (2005), Mercosur (2003), La Havane (2000) et Cuenca (1991).

Il a eu des expositions personnelles dans le cadre des Biennales du Mercosur (2007) et de Venise (2005).

Il a eu de nombreuses expositions personnelles organisées par les musées de Buenos aires, Mexico, Santiago du Chili, Austin aux USA et en Europe ceux de Gand, d’Anvers, de Lucerne et de Brème et les galerie Ruth Benzacar (2014-2007), continua (2014-2009), Peter Kilchmann (2012-2006), Luisa Strina (2007).

 

Il a participé à des expositions collectives remarquées dans des Musées d’art contemporain et des Centres d’arts importants, en particulier au MAC de Lima, au Musée d’art moderne de Sao Paulo, au Musée d’Art Moderne, au Musée National des Beaux Arts et au MALBA à Buenos Aires, au Drawing Center à New York, au Centre d’art de Ténérife aux Canaries, au Drawing Room de Londres, au Musée d’art latino américain de Californie, au Hammer Museum de Los Angeles, au Walker Art Center à Minneapolis et au Dallas Museum aux Usa, à la Fondation Beyeler de Bâle, au Morsbroich Museum de Leverkusen en Allemagne, à la Kunsthalle de Vienne, au Palazzo de Arti à Naples, au Musée d’art de Victoria en Espagne et à l’Irish Museum of Modern Art de Dublin.

 

En France, sa première participation a une exposition fut celle de «L’atelier de Buenos Aires» au Crédac à Ivry-sur-Seine en 1991.

Il a eu des expositions personnelles au 19, Crac à Montbéliard (2001) et à l’Enad à Aubusson (2002).

 

Il a participé à des expositions collectives au 19, Crac à Montbéliard (2007), à la Kunsthalle de Mulhouse (2010), au Centre Culturel Suisse (2011), à la Fondation Cartier (2013) et à la galerie Xippas (2014 -10) à Paris.

 

Jorge Macchi est représenté par la galerie Ruth Benzacar à Buenos Aires, la galerie Continua à San Gimignano, Bejiin et Les Moulins, la galerie Peter Kilchmann à Zurich et la galerie Luisa Strina à Sao Paulo.

Les œuvres de Jorge Macchi sont dans de nombreuses collections privées internationales et d’importantes collections publiques en particulier au Mnba, au Malba et au MAM à Buenos Aires, au Moma et au Muséo del Barrio à New York, à la Daros fondation à Zurich, à La Tate Modern à Londres, au Muhka à Anvers au SMAK à Gand en Belgique, au Musac à Leon en Espagne et Musée national d’art Moderne - Centre Georges Pompidou à Paris.