Pâle Mâle

4 Juin
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28 Août
Tom Castinel
Antonin Horquin

Le projet Pâle Mâle de Tom Castinel et Antonin Horquin s’est tout d’abord concrétisé par deux publications réunissant textes et images. Le projet se situe à présent au croisement de l’écriture, du théâtre, de la vidéoperformance et des arts plastiques : Pâle Mâle met en scène les tribulations dans notre monde contemporain d’un duo excentrique, Corps 1 et Corps 2 qui vont au cinéma, se retrouvent dans un club, boivent un verre en terrasse, errent dans un centre commercial, travaillent dans une entreprise, etc. Leur corps va alors être soumis et réduit à une gestuelle mécanique imposée par le fonctionnement des objets qui les entourent.

Décors minimalistes, composition géométrique, gestuelle répétitive et propos irrévérencieux renvoient à tout un pan de l’avant garde artistique du début du XXe siècle : Oskar Schlemmer, Erik Satie, et surtout le dada du Cabaret Voltaire. Tout comme ces derniers, la quête plastique – ici une synesthésie entre écriture et arts visuels - naît moins d’une réflexion sur l’histoire des formes que d’un regard satirique posé sur le champ sociétal.

La culture populaire n’est pas en reste : Pâle Mâle emprunte aussi aux nombreux duos de comiques (cinéma, séries télévisées et bandes dessinées), qui ont marqué la culture de leur enfance ; des duos qui avaient bien compris que le corps livré aux caprices d’un environnement incontrôlable, soumis à une simple logique de cause à effet, incarne au mieux la mécanique du rire, telle qu’analysée par Henri Bergson.

D’autres duos d’artistes plus proches de nous ont exploité les mêmes ressorts burlesques, tels les Frères Turpin ou les anglais John Wood et Paul Harrison. Cette configuration binaire rend en effet possible toute une gamme de perturbations ou de confusion perceptives venant mettre en doute nos capacités d’accommodation visuelle : ambiguïté spéculaire d’une gémellité vraie ou fausse, composition symétrique/asymétrique, contrastes ou similarités des postures, des physionomies et des costumes. Car ici, voir double, c’est voir trouble…

Anne Giffon-Selle

 

Exposition co-produite avec la Kunsthalle de Göppingen (exposition du 9 avril au 22 mai)

Remerciements du 19 CRAC à : art3 de Valence, l’Institut Français de Stuttgart, la Région Rhône-Alpes, l’entreprise Pano Sign’Service, les Compagnons d’Emmaüs