Petites récoltes picturales

26 Mars
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24 Juin
Olivier Gourbière

 

L’artiste installe trois serres à l’Utbm pour une nouvelle récolte picturale. Des sculptures et dessins sont présentés à la bibliothèque.

Le dispositif pictural, matrice mise en place pour produire les peintures, prend une place à part entière de la démarche artistique mise en jeu. De multiples univers interagissent dans ce dispositif. Les serres sont pour moi des « machines ». Les outils que je développe et la réalisation en série de peintures renvoient à une logique de production « industrielle ». Pourtant la nature de « la machine » et le processus que le travail met en jeu par les « arrosages » successifs de la toile, peut se rapprocher d’une pratique agricole. Cette pratique ouvre un champ d’expérimentation qui confère à l’œuvre une réminiscence de pratiques scientifiques. Par un mélange de physique et de chimie -  mesure de volume, calcul de concentration - je tente de maîtriser la dynamique de rebond qu’engendrent mes coulures picturales.

Mon travail s’inscrit dans une pensée positive à l’image du rebond mis en pratique dans ma démarche. Un dispositif métaphorique où l’homme place sa relation au monde au centre de l’ensemble de ses connaissances. Un équilibre dans lequel trouverait sa place la nature, l’univers des sciences, de l’industrie et des nouvelles technologies.

La nature du dispositif (démontable), le fonctionnement de la matrice (qui produit puis s’efface), le mode d’inscription de la peinture sur la toile (effet de gravité, rebond, flux, recadrage), tout participe à la construction et à la déconstruction, la contextualisation et l’autonomie, à l’unité et à l’appartenance à un tout et dresse ainsi un univers sémantique à l’image de la condition humaine.

Dans un monde où l’objet de consommation, tout en opérant un véritable diktat, est le fruit d’une vénération avérée, ma pratique de l’objet se veut proche du fétiche, c’est l’objet réincarné qui parle, qui accompagne la vie, la construit. L’objet devient pensant.