Le Réel comme matériau

19 Septembre
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15 Novembre
Cécile DESVIGNES
Graciela HASPER
Claude MARGUIER
Roselyne TITAUD

Les 4 artistes présentés dans cette exposition utilisent différents médiums, qu'il s'agisse de la photographie, de la sculpture, de la vidéo ou du dessin. Ils trouvent tous dans notre environnement urbain ou culturel le matériau de leurs oeuvres. Mais ils l'entraînent vers des univers simpifiés ou vers des situations sans connotation sociologiques simplistes pour mettre en jeu des dynamismes colorés, des rythmes, des jeux d'espaces et de structures.

Cécile DESVIGNES photographie entre autres des douches qui fonctionnent comme des unités constructives d'un espace minimum dont elle décline les constantes formelles et les variations de l'une à l'autre. Cette réduction du réel à des paramètres élémentaires tend à l'abstraire de sa "réalité". Elle peut aussi se porter sur des ensembles plus larges tels des appartements et des cours. Pour opérer ces transferts et ces réductions, elle fait appel au dessin ou a la sculpture. Ainsi chez elle le réel devient le matériau d'un processus d'abstraction qui extrait nos villes et maisons, structures, formes et espaces.

Graciela HASPER, artiste argentine nourrie par l'abstraction picturale, photographie les affiches de bals populaires des communautés d'immigrés de Buenos Aires aux couleurs vives et a la typographie efficace et dense. Elles ne sont pas sans évoquer dans leur efficacité typographique et chromatique le dynamisme et l'intensité du trait et de la couleur qu'affectionnait les avant-gardes plastiques. Elles réalise aussi des vidéos qui construisent des scénographies abstarites avec l'architecture en jouant des contrastes de forme et de couleur, de musique et de mouvement...

Claude MARGUIER procède à une véritable métamorphose du réel par le mouvement et la lumière. Il succite des rencontres insolites perturbant la perception jusqu'à dissoudre l'image et le monde dans le film pour nous offrir des traces, trames ou indices en mouvement qui tendent à devenir parfois des signes quasi abstrait du réel. Il crée ainsi des situations visuelles et sonores qui interrogent les notions d'espace et de temps, et provoquent la dissolution du réel dans un univers ambivalent de formes fugaces et étranges.

Roselyne TITAUD photographie des intérieurs : salons, chambres ou encore églises. Elle fait apparaître par le cadrage et la lumière des jeux d'ordre et de désordre subtil qui les structurent. Les stigmates de la vie et des gens se révèlent ici à travers la présence d'une orange ou d'un oreiller froissé. Ses oeuvres donnent à voir les signes d'une humanité sans qualité par les vides et les pleins de ses espaces "ordinaires", par l'ordonnancement de ces lieux d'où les choses de la vie se sont absentées le temps de la pause. Mais elles sont évoquées ou suggérées par maintes petites choses qui "ornent" le quotidien de nos vies