Le vent s'est assoupi aux côtés des ombres suspendues – Chloé Malcotti

28 Septembre
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16 Novembre
Chloé Malcotti

L'exposition hors les murs de l'artiste vidéaste Chloé Malcotti ouvrira dès fin septembre à la Cantine de l’art Contemporain à l’École d’art de Belfort.

At Cantine d’art contemporain, École d’art de Belfort, an off-site exhibition curated by Le 19, Centre régional d’art contemporain de Montbéliard

Chloé Malcotti est née en 1989. Elle vit et travaille à Luxeuil-les-Bains et à Bruxelles.

Les derniers travaux (films, photographies et installations) de Chloé Malcotti explorent l’impact des grandes industries du XXe siècle sur leur territoire d’implantation, sur le mode de vie des ouvriers et des habitants, sur l’écologie et la topographie de l’environnement. À l’École d’art de Belfort, elle mettra en espace ses deux derniers projets, qui ne sont pas sans résonner avec l’histoire industrielle de l’Aire urbaine.
    En 2014, le film H-H interroge le processus de cristallisation de la mémoire au moment où se pose le choix d’une démolition ou d’une réhabilitation de la Rhodiacéta de Besançon. Ce site était devenu emblématique de la culture et de l’éducation populaires grâce aux expériences cinématographiques du groupe Medvedkine formé à la suite d’une invitation du CCPPO (centre culturel populaire) à Chris Marker pendant les grèves de 1967. Si le film de Chloé Malcotti s’attache tout particulièrement aux gestes de manipulation des archives, l’artiste mettra également ces dernières et leurs reproductions à la disposition du visiteur dans une mise en espace spécifiquement repensée pour l’exposition.
    Son projet en cours, Lande foudroyée, est consacré à l’emprise de la production de bicarbonate de soude par la société Solvay sur le site de Rosignano en Italie, une mono-industrie qui, depuis 1913, a modelé tant le littoral que que les structures de la ville elle-même (administrations, socio-éducatives et médicales, etc.). Avec ce projet, Chloé Malcotti s’éloigne quelque peu de l’esthétique et de la méthodologie documentaires à l’origine de H-H au profit d’une approche plus expérimentale et matériologique : travail sur le grain de l’image grâce à des expérimentations avec d’anciennes émulsions filmiques, couleur blanche du bicarbonate comme fil conducteur de la narration, points de vue personnels entremêlés d’archives, parole donnée à de jeunes habitants… L’artiste se joue également de l’image d’un site caribéen, forgée par l’entreprise et entretenue par les publicités tournées sur place, pour réintroduire de la fiction sur un territoire laissé vacant, voire stérile, par une industrie qui se retire peu à peu de la ville après s’en être appropriée l’histoire pendant plusieurs décennies.

Chloé Malcotti was born in 1989. She lives and works in Luxeuil-les-Bains and Brussels

Chloé Malcotti’s most recent works (films, photographs, and installations) explore the impact of large 20th-century industries on their areas of implementation, their incidences on the ways of living of workers and residents, and their effect on their ecological and topographical environment. In many respects, her two latest projects presented at the École d’art de Belfort are resonant with the region’s industrial history.
  
 H-H (2014) questions the crystallization of memory in relation to the Rhodiacéta factory in Besançon and the questions surrounding its destruction or rehabilitation. The site had become an emblem of popular culture and education thanks to the film experiments led by the Medvedkin Group, assembled after local community center CCPPO invited Chris Marker during the factory workers’ strike in 1967. While her film particularly focuses on the physical manipulation of archives, Chloé Malcotti will also make these archives and their reproductions accessible to the visitors through a spatial disposition specifically redesigned for the occasion.
    Her ongoing project
Lande foudroyée focuses on Solvay’s grip on the Italian site of Rosignano, where the company’s sodium bicarbonate production is located — a mono-industry that has transformed both the coastline and the city itself (administrations, social, educational, and medical structures, and so on) since 1913. With this project, Chloé Malcotti somehow turns away from H-H’s documentary aesthetics and methods in favor of a more experimental, “materiological” approach: experimenting with old filmic emulsions to alter the image grain, using the whiteness of bicarbonate as a narrative thread, entwining personal perspectives with archive material and testimonies from young inhabitants… The artist also playfully engages with the image of a Caribbean-style site created by the corporation and promoted by advertisements shot on location in order to reintroduce fiction in a vacant, barren territory as the industry that appropriated its history for decades is now slowly retreating from the city.