Buenos Aires

17 Mai
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24 Août
Jean-Pierre Bertrand
Carlos Kusnir
Thomi Wolfensberger

Buenos Aires Noir et blanc, Jean-Pierre Bertrand

Buenos Aires Paris-marseille, Carlos Kusnir

Passages zurichois, Atelier Wolfensberger

Il y a 42 ans, Jean-Pierre Bertrand faisait un voyage à Buenos Aires comme opérateur sur un film consacré à Borges. Durant ce séjour il traversa la ville en taxi caméra au poing, filma Borges le temps d’une rencontre et envisagea même de s’installer dans la Pampa, paysage sans fin où le réel se dissout jusqu’à devenir fantomatique. Il en ramena un matériau filmique et photographique exceptionnel. Comme il le fait souvent, Jean-Pierre Bertrand a choisi de pratiquer une remise en situation par un travail de composition et de mise en espace où il fait défiler les images fixes des pages d’un bottin, conçoit un environnement vidéo et constitue un bloc photographique qui rompt avec la linéarité de la temporalité filmique dont il est issu. Il met en forme une dialectique de l’ombre et de la lumière, un art décalé du cadrage au profit d’un va-et-vient entre suspens et mouvement du temps.

 

Il y a 42 ans, Carlos Kusnir quittait Buenos Aires pour un premier séjour en Europe. Il allait s’y installer définitivement à partir de 1979, d’abord à Paris, ensuite à Marseille. Son travail l’amène à des passages fréquents à Zurich. De sa ville d’origine, il a gardé l’art de faire d’un rien un petit monument de peinture, de pratiquer le mélange des genres et de jouer le mineur pour faire de l’art majeur.

Buenos Aires lie ces artistes aux pratiques si différentes dans un double mouvement :

- Ce que l’un a emporté de sa ville : une façon de donner ses lettres de noblesse à l’incongru, de donner un ton aux images et de la couleur au son, d’arracher les choses à leur ordinaire et de mettre en forme un art d’arranger les restes.

- Ce que l’autre a trouvé dans cette ville : un temps suspendu, un réel évanescent, une ville énigme et labyrinthe, inscrite dans le regard d’un écrivain. Quelque chose de la rémanence fugace d’une splendeur passée et les indices d’un désastre, une façon de faire se percuter l’instant et l’éternité, un art d’entremêler le présent et le passé.

 

Depuis quelques années, Carlos Kusnir, dans le cadre de séjours réguliers, travaille étroitement avec le lithographe Thomi Wolfensberger à Zurich dont l’atelier existe depuis le début du siècle. Afin de prolonger cette collaboration dans l’exposition nous l’avons invité à présenter un choix d’estampes produites par son atelier.