Indexmakers

23 Septembre
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7 Janvier
Nora Al-Badri & Jan Nikolai Nelles
Michel Aubry
Rossella Biscotti
Catherine Blackburn
Alighiero Boetti
Milena Bonilla & Carlos Marx
Stewart Brand
Andrea Büttner
Renaud Clément & Bassel Khartabil
Gaëtan Gatian de Clérambault
Catherine Creuze
Délit Maille
HEAR Mulhouse (design textile)
Maria Eichhorn
Ben Kinmont
KVM (Ju Hyun Lee et Ludovic Burel)
Pierre Leguillon & Jean Dubuffet
David Liver
Ray McCallum & Paula A. Acoose
Nicolas
Maigret & Maria Roszkowska
Jane Makhubele
Marie & IL TOPO
Olive Martin & Patrick Bernier
Isabelle Moulin
Julien Prévieux
Lorraine Réda
Edward Saïd & Joe Scanlan
Laura Séguy
Katarina Sevic & Laszlo Gergely
Seth Siegelaub
Dagmara Stephan
Coline Sunier & Charles Mazé
Sophie Taeuber-Arp
Ambroise Tièche
Tran Minh Duc
Christophe Wachter & Mathias Jud

Artiste-éditeur ou artiste tisserand, femme indienne ou africaine, cyberactiviste, penseur du post-colonialisme, bidouilleur informatique, etc., l’exposition accueille celles et ceux qui contribuent aujourd’hui à créer du commun par la mise en visibilité de savoirs mineurs. La traditionnelle dichotomie entre « celui qui pense » et « celui qui fait » est  ainsi remise en jeu, afin de dépasser une appréhension strictement esthétique ou utilitaire, et envisager de nouvelles formes de diffusion de l’information. Les rapports de pouvoir, de prestige, d’identité s’en trouvent également perturbés.

Seth Siegelaub et Stewart Brand sont les deux figures historiques initiales de cette exposition. Entre 1968 et 1972, tous deux diffusent des livres de nature particulière. Par son travail bibliographique, Seth Siegelaub rend accessible tout au long de sa vie certains savoirs peu visibles et constitue deux centres de recherche. Il s’engage en faveur de l’art conceptuel naissant, du marxisme dialectisant les mass-médias et rassemble les éléments épars d’une histoire sociale du textile. Stewart Brand est quant à lui l’instigateur du Whole Earth Catalog qui réunit quantité d’ouvrages et d’articles Do It Yourself, et auquel doivent beaucoup la contre-culture américaine, mais aussi, paradoxalement, les patrons de la Silicon Valley. L’idéologie qui a permis l’émergence de tels empires privés est remise en question par les bidouilleurs informatique et militants du partage gratuit de l’information invités dans l’exposition.

Selon le philosophe Hartmut Böhme, une civilisation n’existe réellement qu’à partir du moment où, culturellement, elle maitrise les techniques servant à relier et à connecter. Les traditionnels arts textiles en font partie, de même que la toile internet et les initiatives open source, mais également l’univers des Makers – les tiers-lieux, fab-labs et autres hacker spaces qui fleurissent aujourd’hui. Indexmakers propose ainsi des rapprochements non conventionnels et inattendus, entre, par exemple, un artiste utilisant le tissage, des bibliographies, un bricoleur et les arts culinaires.

Et : des appliqués et velours du Kasaï (Mali), des broderies Cree et Anishinaabe (Canada), un carré de connaissance (France), un bandage de premiers secours (Angleterre), un grand Nceka (Afrique du sud) et une collection de timbres coloniaux (France).