Soliloques

6 Avril
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30 Juin
Brice Jeannin

En 2012, le 19 et l’UTBM renouvellent leur partenariat en proposant à un artiste d’investir le Site universitaire de Sévenans. Les propositions successives reflètent la volonté depuis 5 ans d’expérimenter ce lieu d’enseignement à travers toutes les formes de la création contemporaine. Après les serres d’Olivier Gourbière et sa récolte picturale, Brice Jeannin réalise une œuvre sonore cette année.

Brice Jeannin s’intéresse à la création sonore comme activité et actualité de construction et de transformation permanente. Ses pratiques incluent la conception d’installations, de dispositifs d’écoute et d’enregistrement ainsi qu’une approche intuitive de la musique. Il utilise et combine objets résonnants et systèmes électroniques, petites structures architecturales et outils logiciels. Chaque projet explore la nature irréductible du sonore, sa physicalité et la manière dont sons, formes et espaces communiquent et tendent à se définir mutuellement. Les installations sont souvent liées à un environnement spécifique et peuvent questionner nos habitudes d’écoute dans des contextes ou lieux particuliers.

Soliloques consiste en une installation sonore et visuelle disposée au cœur du bâtiment, dans une des allées principales. Il s’agit concrètement d’un ensemble de modules, boîtes électroniques, munis de boutons, interrupteurs et petits haut-parleurs. Ces volumes sonores, disposés sur des pupitres et reliés entre eux par un réseau de câblages apparents, maintiennent une ambigüité : ils peuvent être perçues comme un ensemble sérial et épuré propre à la sculpture minimale et comme ce qu’ils prétendent être : des boîtiers de commandes invitant le public à intervenir. Chaque module/sculpture émet un faible son : œuvre sonore mêlant sons de veille électronique, bruits parasites et créations originales…

L’idée qui sous-tend ce projet est de questionner le rapport impatient et obsessionnel de l’homme à la technologie dans la société contemporaine à travers un dispositif particulier : l’œuvre se déploie comme un atelier autonome, circulaire dans lequel la manipulation de certains boutons de commande peut modifier un événement sonore ou encore rien du tout ! Il n’y a aucune logique apparente dans la répartition et l’organisation des éléments qui ne disposent d’aucune inscription susceptible de venir en aide aux éventuels opérateurs. Il se passe parfois quelque chose, mais pourtant ça ne «marche» pas forcément. Quelques éléments de vocabulaire visuel et technique seront familiers aux usagers du lieu (potentiomètres, câbles et interrupteurs...), mais la finalité de l’ensemble consiste à mettre en valeur un appareil semi-inopérant. Que devient un outil sans fonction prédéterminée ?