Les interviews du 19#4 Maeva Totolehibe
Interview de l’artiste Maeva Totolehibe sur ses œuvres Les fantômes ont soif et Dans un paysage qui ne me compte pas à l’occasion de l’exposition Zones de (non)être.
Artiste et poète, Maeva construit son travail à partir d’histoires manquantes, de personnages et de paysages disparus. À travers ses installations-récits, elle met en lumière des vies minuscules, souvent invisibles, où le vide devient un espace d’écho. Son travail relie son héritage malgache à la forêt des Landes, territoire où elle ne se sent pas reconnue.
Le corps y devient transducteur de mémoires et territoire, comme les mèches de cheveux dans Les fantômes ont soif. Elles réfèrent au rituel malgache du Sangory, où les cheveux coupés symbolisent un passage. Dans un paysage qui ne me compte pas évoque le sabot du gemmeur, symbole paysan du territoire. Elle y grave des signes de son enfance : télévision, CAF, carte de Madagascar.
Dans son ouvrage Solastalgie, elle affirme : « Nous ne sommes pas les enfants du pays, mais du quartier », pour nommer l’inconfort d’une appartenance refusée qui relie les gestes de l’artiste.
Durée: 2:20 minutes
Crédit photo: 19, Crac
Invitation au 19 #7 : La rue des castors
Invitation au 19 est un podcast produit par *Duuu Radio en partenariat avec le 19 Crac, Centre régional d’art contemporain de Montbéliard.
Cet épisode a été réalisé à l’occasion d’une rencontre entre l’artiste Laura Molton et les commanditaires d’Audincourt, en vue d’une étude pour une œuvre de commande en lien avec l’action Nouveaux Commanditaires pour laquelle le 19 Crac est actuellement médiateur-relais sur l’aire urbaine Belfort-Montbéliard sous le tutorat d’A Demeure.
L’action Nouveaux commanditaires permet à des citoyennes et des citoyens confrontés à des enjeux de société ou de développement d’un territoire, d’associer des artistes contemporains à leurs préoccupations par le biais d’une commande.
Des habitant·es d’Audincourt, regroupé·es au sein de l’association Engrenages artistiques, initient une commande d’œuvre autour du patrimoine du quartier des Autos, en particulier l’église du Sacré-Cœur et les maisons Castors. Situé dans un territoire ouvrier façonné par l’industrie Peugeot, le quartier des Autos porte l’histoire d’un siècle de mutations sociales, urbaines et culturelles. C’est un lieu d’accueil, de construction collective et d’initiatives citoyennes, marqué par l’auto-construction, la mixité sociale et les expérimentations culturelles. L’église du Sacré-Cœur, érigée par les habitant·es avec la complicité d’architectes et artistes majeurs, ainsi que les Maisons Castors, lieux de vie auto-construits par leurs habitant·es en sont des symboles.
La commande vise à raviver cet héritage en lien avec les valeurs de solidarité, de transmission et de bien commun. Elle entend « faire mémoire », donner à voir un patrimoine peu visible et ouvrir un nouveau récit collectif. Les commanditaires imaginent une œuvre immatérielle, ancrée dans l’histoire du quartier, mais ouverte à d’autres formes et lectures, en lien avec les habitant·es, les écoles et les nouvelles générations.
Avec les commanditaires Edwige et François Dumel, François Nageleisen, Geneviève Pastre et Brigitte Rimbert avec l’association Engrenages artistiques, Patrimoine et Transmission. Et le soutien des habitant·es et acteur·ices d’Audincourt pour un développement et une valorisation du patrimoine industriel, ouvrier et artistique du quartier des Autos.
En partenariat avec la Société des Nouveaux Commanditaires et Pays Montbéliard Agglomération.
Durée : 28 minutes
Enregistrement : Morgane Charles
Post-Production : Aurore Portales
Crédit photo : 19, Crac
Les interviews du 19#3 Toxoplasma
Interview des artistes Akay & Olabo de Toxoplasma pour Bric-à-brac
L’exposition rassemble des processus et des œuvres hétéroclites. Elle s’est construite elle-même par assemblage à travers une succession d’invitations : du 19, Crac à l’association Juste Ici de Besançon dans le cadre de la 12e édition de leur festival Bien urbain, de Juste Ici au duo d’artistes Suédois Akay et Olabo devenu Toxoplasma, de Toxoplasma à de multiples facettes du territoire jusqu’aux visiteur⋅euses…
Dans ces interviews, les artistes reviennent sur la naissance de leur collaboration, sur la mise en place du concept de bric-à-brac et nous plongent dans leurs univers où poésie et subversion transforment les espaces oubliés.
Voir la partie 1 de la vidéo
Voir la partie 2 de la vidéo
Exposition produite grâce au concours de la recyclerie des Forges et en partenariat avec Jaquautau.
Crédit photo: Bric-à-brac © Le 19, Crac
Les interviews du 19#2 Kelly Weiss
Interview de Kelly Weiss dans le cadre de son exposition À votre contact, se confondre
La pratique de Kelly Weiss s’étend à la sculpture, l’espace, l’installation ou encore la performance. Dans ses œuvres, elle intègre des matériaux industriels récupérés tels que des bâches de camion, des draps, des palettes ou encore de la rouille qu’elle extrait d’éléments métalliques altérés, proposant des projets picturaux in situ qui dialoguent avec le lieu dans lequel ils se déploient.
« Mon environnement et ma pratique s’infiltrent mutuellement ; la plupart de mes pièces ont vocation à s’intégrer au contexte dans lequel elles sont installées, ou du moins à refléter celui-ci. C’est dans un dialogue avec le lieu qu’elles déploient une partie de leur sens. Au travers d’interventions discrètes emplies d’infimes détails, et d’images/modules tangibles, je cherche à donner à mon travail une présence et une consistance trouble, qui interroge son cadre. »
Durée: 2:50 minutes
Crédit photo : À votre contact, se confondre © 19, Crac - Angélique Pichon
Les interviews du 19#1 Ricardo Basbaum
Interview de Ricardo Basbaum dans le cadre de son exposition AH ! OH !
Un artiste dont la pratique consiste à étudier comment l’art peut servir à la fois de plateforme et d’intermédiaire pour articuler entre eux l’expérience sensorielle, la sociabilité et le langage. Ses œuvres invitent souvent les spectateur•ices à se mettre en action en répondant à des systèmes de symboles, des règles intégrées dans des scripts, la lecture de partitions, de diagrammes ou encore l’activation de jeux.
Depuis la fin des années 1980, il a créé un vocabulaire spécifique pour son travail, qu’il applique d’une manière particulière à chaque nouveau projet. Il s’agit de NBP [Nouvelles Bases pour la Personnalité], qui explore toute la complexité de la subjectivité5. Le début de ce projet coïncide avec la fin de la dictature militaire au Brésil et la montée de la globalisation. Constitués de mots et de lignes, ses diagrammes muraux peuvent alors s’envisager comme des dessins, des poèmes visuels qui convoquent tout à la fois des images, des actions et des relations. Le diagramme est un connecteur, un médiateur et un activateur entre l’œuvre, l’espace, et la subjectivité du public. NBP est activé également à travers la production d’installations, de vidéos, de performances sonores ou encore d’interventions urbaines.
« AH! OH! Lorsque l’on entre dans l’espace de la galerie, deux grands mots sont immédiatement visibles : les deux interjections, accompagnées de points d’exclamation, projettent un son dans l’espace lorsqu’elles sont lues. La présence de ces deux grands mots contribue à activer l’installation dans son ensemble ».
Durée: 2:48
Crédit photo: AH ! OH ! © Le 19, Crac - Angélique Pichon